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 Fêtes galantes, Paul Verlaine

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jenninou
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MessageSujet: Fêtes galantes, Paul Verlaine   Mer 25 Juin - 13:25

Fêtes galantes, Paul Verlaine, 1869


Résumé - Fêtes galantes :


En février 1869, quand Verlaine publie les 22 pièces qui composent Les Fêtes galantes, l'idée de se laisser inspirer par Fragonard, Boucher, Watteau et, plus généralement, par les plaisirs qu'on associe au monde de Louis XV n'est pas du tout neuve. De fait, Hugo, Gautier et Banville avaient déjà, tout au long des années cinquante et soixante du XIXe siècle, favorisé un regain d'intérêt pour une société et des artistes longtemps jugés artificiels et superficiels. Dans La Gazette rimée et L'Artiste, deux revues où Verlaine fait paraître en 1867 et 1868 quelques-uns des poèmes qu'il réunira bientôt en recueil, la mode de Watteau et des personnages de la Commedia dell'arte avait déjà été lancée, et cela bien avant que le poète des Romances sans paroles n'y cède à son tour.

Dans l'ensemble, les fêtes auxquelles nous convie Verlaine mettent en valeur le plaisir dans ce qu'il a de plus sensuel: des pièces comme Sur l'herbe ou En bateau où les messieurs n'attendent que la noirceur pour se laisser aller à leurs désirs le montrent bien, de même que les rêveries érotiques de L'Allée ou ces promesses que pressentent les Ingénus. La mélancolie n'a pas ici la lourdeur qu'elle prendra chez les Romantiques, et quand on parle de mort, comme dans les Indolents, il s'agit d'habitude de la petite mort qui suit la jouissance. Cependant, la fantaisie qui domine l'ensemble du recueil prend nettement l'allure, dans les pièces qui ferment Les Fêtes galantes, d'une tristesse de plus en plus désespérée. En ce sens, le chant du rossignol qui termine En sourdine relève d'une sensibilité et d'une esthétique (car, ici, la douleur est à la fois poignante et belle) fort différentes de ce qu'on retrouvait plus tôt dans le recueil.

Le style de Verlaine est, dans Les Fêtes galantes, beaucoup plus souple que dans Les Poèmes saturniens. Les vers sont parfois très brefs (cf. Colombine, À Clymène), la langue orale domine des poèmes comme Sur L'herbe ou Les Indolents et, surtout, de nombreuses tournures familières (Verlaine parle de culotte, de vertigo et emploie l'expression se pendant) et quelques archaïsmes (faquins, céans, pensers) donnent une allure vive au recueil, vivacité particulièrement bien adaptée au sujet. Davantage encore que dans Les Poèmes saturniens, Verlaine se révèle ici un artiste qui maîtrise parfaitement bien son outil, la langue française.
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