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 Lecture de l'image - 2° partie

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Circé



Messages : 31
Date d'inscription : 19/06/2008
Age : 43

MessageSujet: Lecture de l'image - 2° partie   Mer 9 Juil - 15:06

3 – INTRODUCTION A L’ANALYSE DE L’IMAGE

Une des fonctions primordiales de l’analyse de l’image est la fonction pédagogique, = démontrer que l’image est bien un langage, un langage spécifique et hétérogène; qu’à ce titre elle se distingue du monde réel et qu’elle en propose, au moyen de signes particuliers, une représentation choisie et nécessairement orientée.

Recherche d’une méthode : Roland Barthes considère que, s’il part de ce qu’il comprend du message [publicitaire] qu’il analyse, il tient les signifiés ; donc, en cherchant le(s) élément(s) qui provoquent ces signifiés, il leur associera des signifiants et trouvera alors les signes pleins.
C’est ainsi qu’il découvre que le concept d’italianité, qui ressort largement d’une fameuse pub pour les pâtes Panzani, est produit par différents types de signifiants comme suit :
- Un signifiant linguistique : la sonorité « italienne » du nom propre
- Un signifiant plastique : les couleurs vert blanc et rouge évoquant le drapeau italien
- Des signifiants iconiques : les tomates, poivrons, oignons, pâtes, sauce, fromage…
La méthode mise en place ici – partir des signifiés pour trouver les signifiants, et donc les signes, qui composent l’image – s’est montrée parfaitement opératoire. Elle permet de montrer que l’image est composée de différents types de signes : linguistiques, iconiques, plastiques, qui concourent ensemble à construire une signification globale et implicite, intégrant, dans l’ex le chant de la langue, l’idée de nation et celle de cuisine méditerranéenne.
Découverte du message implicite : La formulation de la synthèse de ces différents signifiés pourra alors être considérée comme une version plausible du message implicite véhiculé par l’annonce.

Fonction de l’image : Qu’elle soit expressive ou communicative, on peut admettre qu’une image constitue en effet toujours, un message pour autrui, même lorsque cet autrui est soi-même. C’est pourquoi une des précautions nécessaires à prendre pour comprendre au mieux un message visuel est de chercher pour qui il a été produit. Cependant identifier le destinataire du message visuel ne suffit pas à comprendre à quoi il est censé servir. La fonction du message visuel est en effet déterminante pour la compréhension de son contenu.

Attentes et contextes : La notion d’attente, dans la réception d’un message, est absolument capitale. Elle est intimement liée à celle de contexte, c’est deux notions
conditionnant l’interprétation du message. Le jeu avec le contexte peut être une manière de tromper l’attente du spectateur en le surprenant, en le choquant, ou en l’amusant. Ainsi, mettre une roue de vélo dans un musée et l’ériger au rang d’«oeuvre d’art », promouvoir l’« image » d’un homme politique avec les mêmes outils que ceux du lancement d’une lessive, mettre des personnages « nobles » dans des situations « bourgeoises », autant de procédés de décontextualisation.

Principaux éléments constitutifs d’un tableau (ou axes plastiques):
o Les formes
o Les couleurs
o La composition
o La texture


4 – QUELQUES THEORIES

La publicité comme terrain théorique (R. BARTHES) :
L’image publicitaire, « assurément intentionnelle », donc essentiellement communicative et destinée à une lecture publique, s’offre alors comme le terrain privilégié d’observation des mécanismes de production de sens par l’image.
« Comment le sens vient-il aux images ? »
La fonction même de message publicitaire (être compris rapidement par le plus grand nombre) doit exhiber d’une façon claire ses composantes, leur mode de fonctionnement, et permettre de répondre à la question.

La description de l’image (R. BARTHES) : Etape en apparence simple et évidente, la description est capitale car elle constitue le transcodage des perceptions visuelles en langage verbal. Elle est donc nécessairement partielle et partiale, sauf à la réaliser en groupe. Le passage du « perçu » au « nommé », ce franchissement de la frontière qui sépare le visuel du verbal est déterminant dans les deux sens.
En réalité une image, comme le monde, est indéfiniment descriptible : des formes aux couleurs, en passant par la texture, le trait, les gradations, la matière picturale ou photographique, jusqu’aux molécules et aux atomes.



Les différents types de messages (R. BARTHES) : Ce que la démonstration contient de durable, c’est que l’« image pure », i.e. ce qui dans l’annonce n’est pas linguistique, s’interprète au second degré et renvoie à d’autres univers, selon des lois particulières. [...] Autrement dit au delà du message littéral ou dénoté, mis en évidence par la description, il y a un message symbolique ou connoté lié au savoir préexistant et partagé de l’annonceur et du lecteur. Au lieu de parler d’« image » de façon globale pour désigner tout à la fois l’annonce dans son ensemble et, dans le message, ce qui n’est pas linguistique, on préférera l’expression de « message visuel ».
Au sein du message visuel, on distinguera les signes figuratifs ou iconiques, qui donnent de façon codée une impression de ressemblance avec la réalité en jouant sur l’analogie perceptive et sur les codes de représentation, hérités de la tradition représentative occidentale.
Enfin on désignera sous le terme de signes plastiques les outils proprement plastiques de l’image tels que la couleur, les formes, la composition et la texture.

Signes iconiques et signes plastiques sont alors considérés comme des signes visuels.

Rhétorique et connotations (R. BARTHES) : Barthes entend le terme de rhétorique sous deux acceptations :
- d’une part comme mode de persuasion et d’argumentation (comme inventio),
- d’autre part en termes de figures (comme elocutio), et cela à propos de l’image.
La connotation est particulièrement nécessaire pour dénoncer l’aveuglement de l’analogie et constituer l’image en signe ou plus exactement en système de signes. En effet, les images ne sont pas les choses quelles représentent mais elles s’en servent pour parler d’autre chose !

Le message linguistique (R.BARTHES) :
le texte a, par rapport à l’image, une fonction d’ancrage ou une fonction de relais.
- La fonction d’ancrage consiste à arrêter la « chaîne flottante du sens » qu’engendrerait la nécessaire polysémie de l’image, en désignant « le bon niveau de lecture ».
- La fonction de relais se manifesterait, quant à elle, lorsque le message linguistique viendrait suppléer des carences expressives de l’image, soit en d’autres termes « prendre son relais ».
En effet, malgré la richesse expressive et communicative d’un message purement visuel, il y a des choses qu’il ne peut pas dire sans recours au verbal.

Rhétorique et publicité (Jacques DURAND) : On trouve facilement en publicité des
métaphores visuelles [...] pour attribuer à un produit, par comparaison implicite, les qualités d’autres objets absents ; l’hyperbole visuelle aussi est fréquente avec des grossissements auxquelles peuvent correspondre des litotes ; les ellipses du support, voire du produit, sont fréquentes ainsi que les comparaisons visuelles. D’autres figures relèvent plutôt de la construction de l’ensemble de l’annonce par l’organisation et la combinaison des éléments coprésents tels que la répétition, l’inversion, la gradation, l’accumulation, etc.


5- MISE EN PRATIQUE

Proposition d’analyse d’un film : La Guerre des boutons – Yves Robert - 1962

o Les étapes de la réalisation :
- L’écriture : adaptation d’un roman de Louis Pergaud – 1912
- Le synopsis : le résumé de l’histoire
- La réalisation du projet : repérages de lieux et choix des acteurs (casting), tournage, montage
o Etude du scénario (extrait)
o Le langage de l’image : En quoi l’image va au delà du dialogue et suggère ce que les paroles ne peuvent pas exprimer. L’image traduit les intentions du scénario concernant les attitudes et les impressions des personnages.
o Le récit dans le récit : adapter un roman consiste à raconter l’histoire à travers une suite de plans, d’images animées regroupées en séquences. Une séquence est un petit récit à l’intérieur du récit.
o L’écriture du dialogue et le choix des plans
o Du roman au film : roman et film utilisent des langages différents. Le roman joue avec les mots, le film joue avec les images et les sons. La comparaison d’extraits du roman et du film correspondant à un même évènement révèle des points communs et des différences et permet de découvrir en quoi le film est une adaptation.
o Inventer une nouvel épisode


Ressources utilisées pour la conception de cette fiche
- Programmes et accompagnements Collège et Lycée
- Introduction à l’analyse de l’image M.Joly – Nathan
- Séquence : analyser un film – proposée par Nathan
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