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 GF Corpus LE ROMAN N.Piegay-Gros

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Circé



Messages : 31
Date d'inscription : 19/06/2008
Age : 43

MessageSujet: GF Corpus LE ROMAN N.Piegay-Gros   Mer 9 Juil - 15:44

LE ROMAN
NATHALIE PIEGAY-GROS


Toute entreprise qui viserait à définir le roman est hasardeuse car elle n’entendrait pas la spécificité du genre : son indétermination.

UN GENRE INDETERMINE
On a souvent risqué des définitions du roman, toutes ont le mérite de mettre en avant une spécificité essentielle du genre mais aucune ne suffut à rendre compte de l’immense diversité des romans et de sa plasticité propre.
Roman=
· puissance protéiforme
· immense capacité de renouvellement
· propension à gagner toujours plus de terrain en annexant les autres genres
Dynamique du roman= contestations des romans précédents et soupçons jetés sur les principes fondateurs de son écriture

Tentative de classement typologique :
· par contenu : (amour ou aventures) mais aucun sujet n’est exclu du roman et la modernité s’attachera à en faire un genre qui s’affranchit d’un sujet
· par sous catégorie : (roman policier, roman noir, roman d’amour, science-fiction…). Aucune sous-catégorie ne peut prétendre à des cloisons étanches.
· Statut des personnages romanesques. Thibaudet distingue les romans actifs (donnent une peinture de l’époque dans sa complexité – Guerre et Paix de Tolstoï), des romans passifs (se centrent sur un destin individuel – Gil Blas de Santillane de Lesage). Pour Freud, il y a une homologie forte entre la création littéraire et le rêve (Essais de Psychanalyse appliquée) = roman égocentrique dont le moi est en position d’acteur car le romancier projette en ses personnages sa propre vie psychique et le roman excentrique où le héros est en position de spectateur.
· Par forme : la cohérence entre matière et sujet est le gage de sa réussite esthétique
· Par énonciation : 1ère, 2ème, et 3ème personne (Butor). Infraction aux principes traditionnels. Identité mouvante des narrateurs (Molloy de Beckett), distinction entre personnage et auteur pas stable (les Géorgiques de Claude Simon)

Il faut se montrer attentif aux métaphores que le roman développe pour se caractériser : plus que des images, elles sont des tentatives pour cerner une identité en mouvement.

Diversité des dispositifs narratifs + possibilités de singer l’énonciation des autres genres : historien (1ère partie de la Princesse de Clèves), autobiographe (A la recherche du temps perdu), diariste (journal d’un curé de campagne de Bernanos), commentaire (feu pâle de Nabokov ou interrogatoire (L’Inquisitoire de Pinget)
à multiplication des ruses d’écriture pour revêtir différents points de vue.

Force d’appropriation et d’assimilation rend caduque la définition générique ?

Point de vue diachronique et synchronique sur le roamn, bipolarité du genre = peinture d’un monde idéal ou représentation du réel ?

Le « romanesque » apparaît comme un registre au même titre que le tragique ou le comique, dérivé d’un genre mais non circonscrit à ses limites mais plutôt comme une tension à l’intérieur même du roman.
Romanesque = part de merveilleux, fantaisie, idéal

SAVOIRS ROMANESQUES
Sont immenses et variés.
Roman longtemps cantonné aux enseignements moraux, le roman réaliste prétend délivrer une maîtrise des phénomène sociaux en proposant une voie pour les déchiffrer.
Le roman est capable d’absorber tous les discours (historiques, scientifiques, médical…). La technique du montage chère à Claude Simon traduit cette volonté du roman de s’approprier ce qu’il n’est pas sans toujours chercher à l’assimiler = propension à la digression

UNE EXPERIENCE DE MAITRISE
Maîtrise que le romancier exerce sur son monde (même s’il menace de lui échapper) et sur le lecteur. Cette maîtrise est une prétention au sens. Tout début, tout incipit impose un choix arbitraire pour prétendre à la signification et à l’ordre.

Le temps
Le roman court vers la fin et dans cette course détruit tout sur son passage. Il cherche toujours à dévoiler une vérité cachée et cette tension est l’expérience originelle que nous faisons de la temporalité.
Le roman développe, détaille, analyse sans être limité par rien d’autre que son souci de faire sens.
Ecriture de l’instant, intense par sa force poétique = épiphanie de Joyce – brise le cours linéaire et objectif du temps

Le registre romanesque
Le roman romanesque propose un double idéalisé. Sur le plan stylistique, goût pour l’emportement et l’emphase (la belle y est toujours très très belle)

4 caractéristiques principales :
· chaîne causale de la diégèse (passions et sentiments et leurs modes de manifestations)
· représentations des typologies actantielles, physiques et morales par leurs extrêmes
· saturation évènementielle de la diégèse et son extensibilité infinie
· particularité mimétique
L’invraisemblance est une conséquence inévitable par le jeu des coups de théâtre.

La tension entre le romanesque et le roman prend chez Barthes la forme d’une exclusion. Cette opération de soustraction rejoint le définition qu’il donne du texte scriptible par opposition au texte lisible. Le 1er relève d’une production, le 2nd d’un produit. Le scriptible ne coïncide avec aucun livre, c’est un présent perpétuel, le pur mouvement de l ‘écriture. Le lisible s’exprime dans quantité d’histoires et de romans.

Dénis et dévalorisation du romanesque
Comme l’a souligné Thibaudet, en France, le roman se développe contre le romanesque (Réflexions sur le roman). Le romanesque est stigmatisé pour les illusions qu’il entretien et le sens des réalités qu’il fait perdre.

Un art d’assouvissement
Condamné pour des raisons historiques, idéologiques , morales ou esthétiques, le romanesque l’est aussi parce qu’il délivre un plaisir de lecture particulière qui inspire la méfiance. Bernard Pingaud explique que ce déni est une peur du fantasme : notre besoin archaïque de fantasmer est révélé par notre plaisir à raconter, écrire ou lire des romans.
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