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 Samuel Beckett, En attendant Godot (scène d'exposition)

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jenninou
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MessageSujet: Samuel Beckett, En attendant Godot (scène d'exposition)   Mer 25 Juil - 15:03

Route à la campagne, avec arbre. Soir.
Estragon, assis sur une pierre, essaie d'enlever sa chaussure. Il s'y acharne des deux mains, en ahanant. Il s'arrête, à bout de forces, se repose en haletant, recommence. Même jeu.
Entre Vladimir
.

ESTRAGON (renonçant à nouveau) : Rien à faire.

VLADIMIR (s'approchant à petits pas raides, les jambes écartées) : Je commence à le croire. (Il s'immobilise.) J'ai longtemps résisté à cette pensée, en me disant, Vladimir, sois raisonnable. (phrase de grammaire) Tu n'as pas encore tout essayé. Et je reprenais le combat. (Il se recueille, songeant au combat. A Estragon.) Alors ? te revoilà, toi.

ESTRAGON : Tu crois ?

VLADIMIR : Je suis content de te revoir. Je te croyais parti pour toujours.

ESTRAGON : Moi aussi.

VLADIMIR : Que faire pour fêter cette réunion ? (Il réfléchit) Lève-toi que je t'embrasse. (Il tend la main à Estragon.)

ESTRAGON (avec irritation) : Tout à l'heure, tout à l'heure.
Silence.

VLADIMIR (froissé, froidement) : Peut-on savoir où monsieur a passé la nuit ?

ESTRAGON : Dans un fossé.

VLADIMIR (épaté) : Un fossé ! où ça ?

ESTRAGON (sans geste) : Par là.

VLADIMIR : Et on ne t'a pas battu ?

ESTRAGON : Si... Pas trop.

VLADIMIR : Toujours les mêmes ?

ESTRAGON : Les mêmes ? Je ne sais pas.
Silence.

VLADIMIR : Quand j'y pense... depuis le temps... je me demande... ce que tu serais devenu... sans moi... (Avec décision) Tu ne serais plus qu'un petit tas d'ossements à l'heure qu'il est, pas d'erreur.

ESTRAGON (piqué au vif) : Et après ?

VLADIMIR (accablé) : C'est trop pour un seul homme. (Un temps. Avec vivacité.) D'un autre côté, à quoi bon se décourager à présent, voilà ce que je me dis. Il fallait y penser il y a une éternité, vers 1900.

ESTRAGON : Assez. Aide-moi à enlever cette saloperie.

VLADIMIR : La main dans la main on se serait jeté en bas de la tour Eiffel, parmi les premiers. On portait beau alors. Maintenant il est trop tard. On ne nous laisserait même pas monter. (Estragon s'acharne sur sa chaussure.) Qu'est-ce que tu fais ?

ESTRAGON : Je me déchausse. Ça ne t'est jamais arrivé, à toi ?

VLADIMIR : Depuis le temps que je te dis qu'il faut les enlever tous les jours. Tu ferais mieux de m'écouter.

ESTRAGON (faiblement) : Aide-moi !

VLADIMIR : Tu as mal ?

ESTRAGON : Mal ! Il me demande si j'ai mal !

VLADIMIR (avec emportement) : Il n'y a jamais que toi qui souffres ! Moi je ne compte pas. Je voudrais pourtant te voir à ma place. Tu m'en dirais des nouvelles.

ESTRAGON : Tu as eu mal ?

VLADIMIR : Mal ! Il me demande si j'ai eu mal !

ESTRAGON (pointant l'index) : Ce n'est pas une raison pour ne pas te boutonner.

VLADIMIR (se penchant) : C'est vrai. (Il se boutonne.) Pas de laisser-aller dans les petites choses.

ESTRAGON : Qu'est-ce que tu veux que je te dise, tu attends toujours le dernier moment.

VLADIMIR (rêveusement) : Le dernier moment... (Il médite) C'est long, mais ce sera bon. Qui disait ça ?

ESTRAGON : Tu ne veux pas m'aider?

VLADIMIR : Des fois je me dis que ça vient quand même. Alors je me sens tout drôle. (Il ôte son chapeau,regarde dedans,y promène sa main,le secoue,le remet.) Comment dire? Soulagé et en même temps... (il cherche)...épouvanté. (Avec emphase.) E-POU-VAN-Té. (Il ôte à nouveau son chapeau,regarde dedans.) Ca alors! (Il tape dessus comme pour en faire tomber quelque chose, regarde à nouveau dedans, le remet.) Enfin... (Estragon, au prix d'un suprème effort, parvient à enlever sa chaussure. Il regarde dedans, y promène sa main, la retourne, la secoue, cherche par terre s'il n'en est pas tombé quelque chose, ne trouve rien, passe sa main à nouveau dans sa chaussure, les yeux vagues.) Alors?

ESTRAGON : Rien

VLADIMIR : Fais voir.
ESTRAGON : Il n'y à rien à voir."
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goldocapes

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MessageSujet: Re: Samuel Beckett, En attendant Godot (scène d'exposition)   Mer 29 Aoû - 22:13

Comment Beckett crée un nouveau théâtre à travers une scène d'exposition surprenante fondée sur l'attente des protagonistes et aussi celle du lecteur?
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goldocapes

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MessageSujet: Re: Samuel Beckett, En attendant Godot (scène d'exposition)   Mer 29 Aoû - 22:30

On peut parler de l'incongruité des dialogues
"VLADIMIR : Et on ne t'a pas battu ?

ESTRAGON : Si... Pas trop."

accumulation des didacalies assez etranges
accumulation de répliques sous forme interrogatives (14 points d'interrogation)
de nbx points de suspension
"Si... Pas trop."
"Le dernier moment... "
"Quand j'y pense... depuis le temps... je me demande... ce que tu serais devenu... sans moi... "
"Soulagé et en même temps... (il cherche)...épouvanté"
Tout comme le lecteur cherche un sens à donner à cet incipit, on a l'impression que les protagonistes eux-memes ne savent pas ce qu'il va advenir d'eux.
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Enola

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MessageSujet: Re: Samuel Beckett, En attendant Godot (scène d'exposition)   Lun 3 Sep - 18:54

1) Présentation du texte :

- l'auteur : Samuel Becket (1906-1989) : d'origine irlandaise ; également romancier ; prix Nobel ; un des créateurs du Nouveau Théâtre avec Genet Ionesco
- En attendant Godot : pièce tragique en deux actes en prose, parue en 1952 aux Éditions de Minuit et créée dans une mise en scène de Roger Blin à Paris au théâtre Babylone en 1953
- pièce emblématique de ce que l'histoire littéraire appelle le « théâtre de l'absurde » ou "nouveau théâtre"
- registre de l'absurde
- période de renouveau du théâtre répondant aux attentes d'un nouveau public, plus jeune, plus intellectuel, attiré par des formes et des thèmes neufs
- allégorie de la condition humaine vouée au vide, au dépérissement, à la bêtise et à l'ignorance...
- extrait : scène d'exposition / incipit : la pièce nous présente deux clochards, Vladimir et Estragon, qui attendent un personnage nommé Godot qui leur est inconnu, dont ils ne savent pas ce qu’ils attendent de lui, et dont ils ne sont pas sûrs de sa venue ; s’engage entre les deux mendiants une conversation où se succèdent les plaintes, les souvenirs, les interrogations et leurs réconciliations, sans autre objectif que de faire passer le temps en attendant la venue de Godot.
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MessageSujet: Re: Samuel Beckett, En attendant Godot (scène d'exposition)   Lun 3 Sep - 20:02

2) Composition et projet de lecture :

- en trois parties :
1) de "Route à la campagne" à "Rien à faire" : didascalie initiale et 1° réplique d'Estragon = tout début de l'oeuvre, Beckett rompt d'emblée avec l'incipit traditionnel : description et décor dépouillés, situation burlesque ; présentation d'un personnage loufoque: Estragon
2) de "VLADIMIR (s'approchant à petits pas raides" à "Silence" : dialogue entre les deux personnages principaux ; sont heureux de se revoir malgré une volonté de séparation exprimé par Estragon ; médiocrités et faiblesses de la condition humaine (clochards battus)
3) de "VLADIMIR : Quand j'y pense... " à la fin de l'extrait : discussion s'engage sur le rapport avec autrui ; la souffrance ; notons une exhibition du corps

- Il s'agira de montrer comment Beckett dans l'incipit d'En attendant Godot semble prendre à rebours les conventions dramatiques à travers le motif de l'attente dans un désir de renouvellement dramatique. Nous décèlerons en effet dans cette scène d'exposition les caractéristiques du Nouveau théâtre dont use Becket pour peindre avec dérision et humour le désespoir et l'absurdité de la condition humaine.
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MessageSujet: Re: Samuel Beckett, En attendant Godot (scène d'exposition)   Mar 4 Sep - 22:18

3) explication linéaire :

le titre :

- informe sur le contenu de l'oeuvre (suggère la thématique de l'attente)
et attire l'attention ici par son caractère surprenant et énigmatique :
forme apersonnelle du gérondif = qui attend? Le lecteur ; les personnages de la pièce ; l'humanité tout entière? ;
forme atemporelle du gérondif « en attendant » souligne un aspect imperfectif = combien de temps allons-nous attendre? Pendant toute la pièce?
Le complément d'objet « Godot » : nouveau mystère ; personnage énigmatique, vide et absent qui n'apparaîtra pas dans la pièce ; qui est Godot? Représente Dieu? (substantif anglais God contenu dans le nom)
= le lecteur/ spectateur est lié à cette attente : en regardant la pièce, nous attendrons la venue de Godot et nous regarderons deux personnages l'attendre
= le titre inscrit d'emblée l'absence de limite à l'action ; le temps est en effet imprécis
= angoissante question de l'existence est posée
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MessageSujet: Re: Samuel Beckett, En attendant Godot (scène d'exposition)   Mar 4 Sep - 22:58

Première partie :

- écriture didascalique chez Beckett ne ressemble en rien aux écritures conventionnelles de la plupart des pièces contemporaines = rupture avec la tradition de l'écriture didascalique
- fonction des didascalies : organiser un espace scénique et une dynamique
- information (ici entrée des deux personnages principaux à tour de rôle : E. puis V. ; d'où viennent-ils? pourquoi sont-ils séparés? question du rapport à autrui est suggérée) et direction de lecture
- effacement de la personne du dramaturge ; écriture objective, neutre
- groupes nominaux installent la scène "route à la campagne, avec arbre", puis son éclairage "Soir"; ses phrases nominales sont elles-même mises en ligne par des retours à la ligne, des sauts de ligne = B. plante son décor ; décor sobre, dépouillé, peu d'information
- verbes au présent (de référence) : "essaie", "acharne", "arrête", "repose", "recommence", "entre" : verbes d'action = priorité aux mouvements des corps, à l'occupation de l'espace scénique (poétique du nouveau théâtre) = importance des jeux de scène, d'une dramaturgie concrète
- découverte des actions des personnages
- corps souffrant, fatigué : "assis", "en ahanant", "à bout de forces", haletant" = esthétique de l'affaiblissement
- nombreuses répétitions "recommence", "même jeu" = personnages, comme des machines ; mécanisme sans fin
- Estragon est définie par l'intermédiaire de sa chaussure = approche métonymique de l'homme
- décors : accessoires "pierre" et vêtements "chaussure" = objets prennent du sens
- pratiquement aucune description physique des personnages
- souci de concision du dramaturge : il suggère
DESIR DE RENOUVELLEMENT DRAMATIQUE
UNE DIDASCALIE INITIALE A REBOURS DES CONVENTIONS THEATRALES :
= décor simplifié à l'extrême ; espace ouvert
= scène est comme un lieu blanc, neutre, vide où l'homme semble dénudé, démuni = atmosphère angoissante
= forme de théâtre minimal
= lieu sans repères réels
= sans projet
= un espace de l'ennui, de l'attente, du divertissement tragique
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jenninou
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MessageSujet: Re: Samuel Beckett, En attendant Godot (scène d'exposition)   Mer 5 Sep - 15:21

Pour les didascalies, je dirai qu'elles prennent le pas sur la parole, qu'elles mangent littéralement le dialogue :

"VLADIMIR : Des fois je me dis que ça vient quand même. Alors je me sens tout drôle. (Il ôte son chapeau,regarde dedans,y promène sa main,le secoue,le remet.) Comment dire? Soulagé et en même temps... (il cherche)...épouvanté. (Avec emphase.) E-POU-VAN-Té. (Il ôte à nouveau son chapeau,regarde dedans.) Ca alors! (Il tape dessus comme pour en faire tomber quelque chose, regarde à nouveau dedans, le remet.) Enfin... (Estragon, au prix d'un suprème effort, parvient à enlever sa chaussure. Il regarde dedans, y promène sa main, la retourne, la secoue, cherche par terre s'il n'en est pas tombé quelque chose, ne trouve rien, passe sa main à nouveau dans sa chaussure, les yeux vagues.) Alors?"

ainsi les didascalies deviennent un autre dialogue, un dialogue caché.
Les didascalies font des personnages de véritables pantins qui ne cessent de se répéter tout au long de la pièce : Vlad. et Est. sont à la fois des clowns qui nous font rire (comique de geste, ils sont souvent ramenés aux besoins premiers/primitifs de l'Homme, proche du farcesque...) et qui nous font pleurer (cette violence, cette pauvreté, ce dénuement, les pertes de mémoire...). C'est ici que réside la force de la pièce : comédie ou drame? Le rire fait pleurer et les pleurs font rire. Beckett dit lui-même : "Les larmes monde sont immuables. Pour chacun qui se met à pleurer, quelque part un autre s'arrête. Il en va de même rire."

Il est bien difficile de trancher le genre et la tonalité de cette pièce. D'un côté nous avons deux vagabonds à la mémoire défaillante qui nous offrent des scènes dignes d'un Benny Hill ou de Laurel et Hardy. Mais d'un autre, nous avons la dénonciation d'une violence (Pozzo et Lucky, l'envie de suicide, le vide/manque [nourriture, amour, mémoire, attente...]), une certaine réflexion métaphysique de la part de Vald.
L'espace scénique, entre les deux actes est quasiment le même (1 arbre, 1 route) : décors sommaire qui me fait penser à ceux des tragédies raciniennes. Dénuement et sobriété afin de faire ressortir l'action dramatique, d'amplifier la tension , moyen de reporter tous les regards sur les seuls personnages. De plus, si l'on interprète Godot comme "God -ot" (une autre interprétation "God-ill-ot" attire l'attention sur un comique de geste, Est. et sa chaussure, et tire la pièce vers le comique), nos deux vagabonds peuvent être vus comme les jouets d'un Dieu méchant (ou du moins sourd), comme deux êtres manipulés pour le plaisir d'un Dieu, se délectant des affres des humains...De plus, étant caché, nous avons un deus absconditus, celui-là même qui régie les tragédies grecques. Nos deux protagonistes ne sont pas maîtres de leur destin, ils sont voués à attendre cet énigmatique Godot (énigmatique pour nous, mais aussi pour eux puisqu'ils ne le connaissent pas).

Il est difficile, en tant que lecteur/spectateur, de rire franchement de ces personnages, le rire est jaune, il se mèle de larmes, de peur.....Vlad et Est., ne sont-ils pas une représentation de l'Homme?l'Homme qui est sur cette terre sans savoir réellement pourquoi il y est? l'Homme qui vit juste pour mourir (mort inéluctable)? Il ne faut pas oublier que la pièce est écrite après le 2de GM, une période de pessimisme quant à la religion : quel est-ce Dieu qui a permis un tel massacre, une telle violence? Beckett ne nous ferait-il pas nous questionner sur l'utilité de croire en la bonté d'un Dieu caché, invisible à l'oeil humain?
Quoiqu'il en soit, Beckett nous offre une comédie dramatique où rire et pleurs, comédie et tragédie, rire franc et rire jaune, se mèlent avec un véritable talent donnant l'occasion à son lecteur/spectateur de mener une véritable réflexion sur des champs mutiples (la vie, la mort, la violence, le rachat, la prédestination....).
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Enola

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MessageSujet: Re: Samuel Beckett, En attendant Godot (scène d'exposition)   Mer 5 Sep - 21:40

2° partie :

"ESTRAGON (renonçant à nouveau) : Rien à faire. "

- didascalie : nouveau phénomène de répétition, d'insistance par rapport à la didascalie initiale, accentuée par la loc.adv. "à nouveau" ; situation burlesque (souligne désespoir et absurdité de la vie)
- 1° réplique de la pièce :
- réplique courte ; formule toute fait évoquant l'échec
- effet de surprise, étonnement pour le lecteur/spectateur CAR la pièce est à peine commencée, l'action est suspendue, niée
- annonce suite de la pièce : l'attente sera-t-elle aussi un échec? = pièce tragique ; pessimiste
- absurdité de l'action et du sentiment qui en découle = comique de geste = humour = ironie = E. n'arrive pas à retirer sa chaussure ; après plusieurs essais, il y renonce ; comment réagira-t-il face à l'attente? dans des situations plus critiques s'il est déjà dépassé par des détails matériels?
= réplique initiale où se mêle dérision et humour ; annonce atmosphère de la pièce et thèmes et enjeux du Nouveau théâtre peignant l'absurdité de la condition humaine
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MessageSujet: Re: Samuel Beckett, En attendant Godot (scène d'exposition)   Mer 5 Sep - 22:23

VLADIMIR (s'approchant à petits pas raides, les jambes écartées) : Je commence à le croire. (Il s'immobilise.) J'ai longtemps résisté à cette pensée, en me disant, Vladimir, sois raisonnable. (phrase de grammaire) Tu n'as pas encore tout essayé. Et je reprenais le combat. (Il se recueille, songeant au combat. A Estragon.) Alors ? te revoilà, toi.

- 1° didascalie : information + légère description de V. = connotation péjorative, grotesque ; toujours mélange de pitié et de dérision ; importance du corps, des mouvements (ici vieillissant, faible) = comme si la parole n'était plus suffisante, la didascalie se substitue à elle et l'amplifie
= deux personnages sont maintenant sur scène : deux clochards, infirmes, pantins = pathétiques spécimens d'une humanité désespéré (B. rompt avec les personnages héroïques tragiques notamment ; refus des conventions sociales)

- "Je commence à le croire" :
problème de compréhension ; à qui parle V. ? à E. ?, à lui-même? ; ambiguïté ; vide de la parole ; presque hors-sujet = B. avec le nouveau théâtre dénonce le ressassement, les clichés, les absurdités verbales ; dialogue théâtral décalé ; communication brève : va à l'essentiel

- "(Il s'immobilise.)" :
la didascalie signale un silence mis en valeur par l'immobilité = thème de l'icommunicabilité ; crise de la parole ; qui écoute? qui parle?

- "J'ai longtemps résisté à cette pensée, en me disant, Vladimir, sois raisonnable. Tu n'as pas encore tout essayé. Et je reprenais le combat. "
V. se parle à lui-même ; choses exprimées simplement ; indifférence d'E. à la parole de l'autre ; opposition entre V. et E. en matière de volonté : E. figure de l'échec? V. figure de l'espoir? de la volonté? = principe de dualité?
pas de précision sur le combat mené par V.
= B. invite le lecteur/spectateur à se poser des questions ; implique méditation

- "(Il se recueille, songeant au combat. A Estragon.) Alors ? te revoilà, toi."
nouveau silence (répétitions) = moment de méditation
se tourne vers E. ; volonté d'entrer en contact avec E. ; d'entamer le dialogue avec une phrase interrogative ; tutoiement : 2 êtres proches? 2 amis? "revoilà" : préposition familière montre qu'ils se connaissent bien ; retrouvailles ; intérêt du lecteur/spectateur s'éveille : désir d'apprendre le lien entre les deux protagonistes

= l'action semble organisée autour des rapports entre les deux personnages réunis autour du motif de l'attente
= réflexion sur le langage
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MessageSujet: Re: Samuel Beckett, En attendant Godot (scène d'exposition)   Jeu 6 Sep - 21:57

1)ESTRAGON : Tu crois ?
2)VLADIMIR : Je suis content de te revoir. Je te croyais parti pour toujours.
3)ESTRAGON : Moi aussi.
4) VLADIMIR : Que faire pour fêter cette réunion ? (Il réfléchit) Lève-toi que je t'embrasse. (Il tend la main à Estragon.)
5)ESTRAGON (avec irritation) : Tout à l'heure, tout à l'heure.
Silence.


- utilisation de la stichomythie ; échange de répliques simples ; brèves et vives entre les deux personnages = dynamise la scène ; éveille attention du lecteur/spectateur ; en même temps soulignent le vide des dialogues = thème de l'incommunicabilité = crise de la parole car alternance de questions et de réponses qui ne correspondent pas = absurdité de la parole (dénuée de sens)

1) 2) réponses et questions décalées ; ne sont pas sur la même longueur d'onde ; tentatives de rapprochement des deux protagonistes se soldent par des échecs = inattention aux propos de l'autre ; égoïsme ; semblent vivre dans l'indifférence

pourtant :

2) 3) 4) solitude? indifférence? ou amitié? quels sont les rapports entre les deux individus? apparemment, impossibilité de quitter l'autre (chassé croisé entre les deux mais la séparation n'est jamais définitive) ; crainte pour V. de la perte de son ami (a besoin de la présence de l'autre?)

mais :

5) alliance fragile entre les deux ; pas d'effusion de sentiments = froideur d'E. mis en valeur par la reprise de "tout à l'heure"

= vide des mots, des répliques, du dialogue renvoient au monde dans lequel nous vivons = univers vide de sens ; cette absurdité peut nous faire rire, et donc sauver l'homme de l'ennui, le divertir
= la parole ne vise ici qu'à remplir l'attente
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MessageSujet: Re: Samuel Beckett, En attendant Godot (scène d'exposition)   Jeu 6 Sep - 22:32

1) VLADIMIR (froissé, froidement) : Peut-on savoir où monsieur a passé la nuit ?
2) ESTRAGON : Dans un fossé.
3)VLADIMIR (épaté) : Un fossé ! où ça ?
4) ESTRAGON (sans geste) : Par là.
5) VLADIMIR : Et on ne t'a pas battu ?
6)ESTRAGON : Si... Pas trop.
7)VLADIMIR : Toujours les mêmes ?
8)ESTRAGON : Les mêmes ? Je ne sais pas.
Silence.


1) paradoxe des sentiments (antithétique : est en colère (synonymes ; redondance) mais s'intéresse, pose des questions à son ami) ; interrogations éveillent curiosité des lecteurs/spectateurs qui depuis le début de la pièce se posent des questions : qui sont ces deux pantins? d'où viennent-ils? que font-ils?
"monsieur" : pointe d'ironie, de critique (suscite le rite du public car décalage des sentiments : mélange d'amitié, de mépris ; d'indifférence et d'intérêt = entre le rire et les larmes ; dérision et humour pour mieux refléter l'absurdité de la condition humaine)

2) phrase averbale, très simple met en valeur l'effet de surprise ; E. = clochard? sans logis? condition désespérée? pourquoi?

3) effet d'insistance avec répétition "un fossé" (écho) = médiocrité de l'homme ; vrai dialogue entre les deux : intérêt ; V. demande des détails

4) réponse très vague ; E. semble perdu = monde d'avant, comme si n'existe plus pour lui

5) 6) 7)nouvelle question + marque d'intérêt de la part de V. pour E. = réel intérêt ou pour passer le temps? pour combler le vide? = personnages n'existent que par le langage ; qui a attaqué E.? pourquoi? sentiment d'angoisse ; malaise


Cool manque de volonté de la part d'E; ; cherche à peine à répondre aux questions le concernant
"Silence" : nouvelle marque d'attente + fixité et figement de l'action dramatique qui engendre la méditation

- la ponctuation (points d'exclation, d'interrogation et de suspension (= silence)) joue ici un rôle essentiel : indication de mise en scène (donne le ton des répliques) : dynamise le dialogue + rapport entre les personnages

= sentiment d'étrangeté
= nouvelle remarque à propos des didascalies : elles n'apparaissent dans la pièce qu'au fur et à mesure de leur nécessité dans la lecture linéaire de la pièce
= langage n'est plus seulement un moyen de communication, mais le sentiment d'une angoisse profonde
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MessageSujet: Re: Samuel Beckett, En attendant Godot (scène d'exposition)   Dim 9 Sep - 17:59

* VLADIMIR : Quand j'y pense... depuis le temps... je me demande... ce que tu serais devenu... sans moi... (Avec décision) Tu ne serais plus qu'un petit tas d'ossements à l'heure qu'il est, pas d'erreur.

- B. s'interroge ici sur les rapports entre les deux individus
- impossibilité de quitter l'autre ; indice temporel qui marque que leur amitié dure "depuis le temps", "à l'heure qu'il est"
V. est doté d'une certaine sensibilité : désir de protéger l'autre ; représentation d'une figure maternelle qui tente de réconforter son enfant)
pointe d'ironie : E. représente le faible / V. le fort : opposition et contraste entre les deux (sauvé/sauveur)
- toujours entre le tragique (souffrance et difficulté à vivre d'E. soulignées par la métaphore "petit tas d'ossements" et le comique : sérieux et détermination de V. alors que le spectateur sait qu'il se trouve dans la même situation que son ami : deux clochards perdus qui attendent)
- points de suspension et courtes répliques témoignent de la difficulté à s'exprimer, à avouer ses sentiments et réflexions
= ici, tentative d'entente entre les deux qui ne tient qu'à un fil

* ESTRAGON (piqué au vif) : Et après ?
- stichomythie / courte réplique / ton agressif = le langage n'est-il pas plutôt un obstacle qu'un véritable moyen d'échanges? la parole est avec E. mise en crise
= thème de l'incommunicabilité

* VLADIMIR (accablé) : C'est trop pour un seul homme. (Un temps. Avec vivacité.) D'un autre côté, à quoi bon se décourager à présent, voilà ce que je me dis. Il fallait y penser il y a une éternité, vers 1900.
- didascalie = silence ; souligne un vide existentiel, une souffrance face à l'incompréhension d'E. ; entente est définitivement niée?
- tragique de l'existence mis en valeur par adv. "trop" : presque excessif (désespoir?)
- impression d'un monologue car pas de véritable réponse de la part de V.
- ou note d'espoir? impression que les personnages survivent (alternance de présent : optimisme peut-être liée à l'attente et de passé : douleur, désir de rupture avec la vie?)
- confusion et difficulté du passage : depuis combien attendent-ils? "une éternité"?

* ESTRAGON : Assez. Aide-moi à enlever cette saloperie.
- le coupe brutalement ; violence du propos marqué par impératif/stichomythie
- registre familier "saloperie" pour désigner la chaussure

* VLADIMIR : La main dans la main on se serait jeté en bas de la tour Eiffel, parmi les premiers. On portait beau alors. Maintenant il est trop tard. On ne nous laisserait même pas monter. (Estragon s'acharne sur sa chaussure.) Qu'est-ce que tu fais ?
- décalage entre les deux personnages : opposition V./E. ; abstrait/concret ; rêve/réalité ; ne sont pas sur la même longueur d'onde
- douleur de leur vie passée
- V. s'intéresse enfin au problème d' E. alors que depuis le début de la pièce, celui-ci s'acharne avec sa chaussure : décalage entre les deux

* ESTRAGON : Je me déchausse. Ça ne t'est jamais arrivé, à toi ?
geste quotidien
familiarité du propos avec pronom démonstratif « ça »
- brutalité, voir mépris dans réplique d'E.

* VLADIMIR : Depuis le temps que je te dis qu'il faut les enlever tous les jours. Tu ferais mieux de m'écouter.
- V. : figure du sage? Du maître? Nouvelle opposition entre les deux personnages

* ESTRAGON (faiblement) : Aide-moi !

* VLADIMIR : Tu as mal ?

* ESTRAGON : Mal ! Il me demande si j'ai mal !

* VLADIMIR (avec emportement) : Il n'y a jamais que toi qui souffres ! Moi je ne compte pas. Je voudrais pourtant te voir à ma place. Tu m'en dirais des nouvelles.

* ESTRAGON : Tu as eu mal ?

* VLADIMIR : Mal ! Il me demande si j'ai eu mal !


dans ces répliques :
- E. est représenté par un objet : sa chaussure ; la chaussure est à la fois sources de jeu et de douleur
- corps âgés et souffrants = question du temps, de l'attente
- détresse
- situation burlesque ; dispute à propos d'une chaussure et propos du malheur de l'autre (qui souffre le plus?) soulignée par points interrogatifs et exclamatifs : émotions / vivacité de la réplique
- importance de la gestuelle
- alternance de questions et de réponses
- nombreuses répétitions pour accentuer le propos et rendre la scène comique/absurde

= sentiment de dérision, d'étrangeté qui suscite à la fois le rire et l'angoisse (équilibre délicat entre le tragique et le comique) ; volonté de la part de l'auteur de mettre en scène et de s'interroger sur le tragique de l'existence

= pas vraiment intrigue mais plutôt interrogation ; texte et scène sont les lieux de l'interrogation à la fois pour les personnages et pour les spectateurs/lecteurs
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Enola

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MessageSujet: Re: Samuel Beckett, En attendant Godot (scène d'exposition)   Dim 9 Sep - 18:36

* ESTRAGON (pointant l'index) : Ce n'est pas une raison pour ne pas te boutonner.

* VLADIMIR (se penchant) : C'est vrai. (Il se boutonne.) Pas de laisser-aller dans les petites choses.


- passe d'un thème à l'autre sans rapport de cause à effet
- registre de l'absurde ; gag clownesque
- comique de la scène car situation absurde qui met en valeur les faiblesses et médiocrités de la condition humaine
- impression que les deux personnages tirent de grandes conclusions, philosophes alors que sujet est absurde ; nouveau décalage
- exhibition du corps + importance de la gestuelle qui souligne le propos (effet de mise en scène)

* ESTRAGON : Qu'est-ce que tu veux que je te dise, tu attends toujours le dernier moment.

- les rôles sont inversés par rapport aux répliques précédentes : E. est ici le maître, V. l'élève
- donc personnages doubles?

* VLADIMIR (rêveusement) : Le dernier moment... (Il médite) C'est long, mais ce sera bon. Qui disait ça ?


- Vladimir est surtout un questionneur, dont les interrogations ont des résonances métaphysiques
- c’est celui qui interroge alors qu’on ne lui demande rien, ce comportement est justifié par l'ennui

* ESTRAGON : Tu ne veux pas m'aider?

* VLADIMIR : Des fois je me dis que ça vient quand même. Alors je me sens tout drôle. (Il ôte son chapeau,regarde dedans,y promène sa main,le secoue,le remet.) Comment dire? Soulagé et en même temps... (il cherche)...épouvanté. (Avec emphase.) E-POU-VAN-Té. (Il ôte à nouveau son chapeau,regarde dedans.) Ça alors! (Il tape dessus comme pour en faire tomber quelque chose, regarde à nouveau dedans, le remet.) Enfin... (Estragon, au prix d'un suprême effort, parvient à enlever sa chaussure. Il regarde dedans, y promène sa main, la retourne, la secoue, cherche par terre s'il n'en est pas tombé quelque chose, ne trouve rien, passe sa main à nouveau dans sa chaussure, les yeux vagues.) Alors?

* ESTRAGON : Rien

* VLADIMIR : Fais voir.

* ESTRAGON : Il n'y à rien à voir."


= conversation croisée où les protagonistes sont renvoyés à leur solitude, à la vanité de leur parole
= contraste entre légèreté des propos et remarque sérieuse sur la métaphysique de l'existence
= chapeau : objet qui définie V. : ici source de jeu et de douleur
= fin de l'extrait très surprenante : défaillance du langage ; nouvelle rupture entre les deux personnages ; l'objet n'est pas un divertissement, ne comble pas l'attente = vide de l'existence = pessismisme finale
= absurdité mise en valeur par nombreuses répétitions, gradations
= importance des didascalies dans cette dernière partie : symbolise le silence entre V. et E. ; indique gestuelle autour de l'objet

= dialogues très différents des pièces classiques : ici la tension dramatique est rompue ; ce qui explique l'absence absolue d'écoute entre les personnages
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Enola

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MessageSujet: Re: Samuel Beckett, En attendant Godot (scène d'exposition)   Dim 9 Sep - 18:38

Conclusion :

- B. donne à voir dès les premières répliques d'En attendant Godot l'extrême nudité de l'homme

- scène d'exposition surprenante qui offre la représentation de deux personnages qui n'ont rien à faire, dans un décor extrêmement dépouillé, s'occupant d'objets dérisoires et n'ayant quasiment rien à se dire

- mise en place de la tonalité de la pièce : tension subtile entre le rire et les larmes, l'émotion et l'humour

- ce qui tient lieu d'exposition annonce une quête qui fondera le schéma dramatique de la représentation théâtrale : le motif de l'attente annoncé par le titre ; l'action semble donc s'organiser autour des rapports entre V. et E. ; schéma dramatique déceptif qui ne répond pas à l'attente du spectateur/lecteur qui attend une résolution de l'intrigue

- Beckett joue des données fondamentales du théâtre classique ; l'exposition ne remplit plus sa fonction informative
c'est ce jeu de rupture qui fonde la modernité d'En attendant Godot

- pièce bilan pièce-carrefour, chef-d'oeuvre qui a permit d'ouvrir de nouvelles perspectives à la littérature
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Enola

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MessageSujet: Re: Samuel Beckett, En attendant Godot (scène d'exposition)   Dim 9 Sep - 18:42

Voilà, j'ai terminé... Smile

Pas évident du tout....

J'ai l'impression d'avoir fait beaucoup de paraphrases et de mettre sans cesse répétée??!!

Avez-vous une correction pour cette explication?

Si vous avez le temps, n'hésitez pas à me critiquer ou me corriger, car je crois en avoir vraiment besoin! Crying or Very sad

Merci d'avance!!!!
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MessageSujet: Re: Samuel Beckett, En attendant Godot (scène d'exposition)   

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Samuel Beckett, En attendant Godot (scène d'exposition)
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